Une assemblée générale tout en virtuel

29/06/2020 : Si le contexte de sortie de crise n'était pas favorable à la tenue d'une assemblée générale cérémonielle, l'édition 2020 a toutefois bien eu lieue sous un format "webinaire". Une composition inédite qui n'a pas empêché le Président de la Fédération d'aborder un nombre conséquent de sujets d'actualités, notamment celui de la perte d'exploitation.

Du passé faisons compte rendu

« Je sais que vous auriez aimé célébrer cette assemblée annuelle avec nous à Paris, car je sais que nous-mêmes agents généraux, apprécions cette proximité », c’est par ces mots prononcés par la Président d’agéa, Patrick Evrard, que débute cette toute première assemblée générale organisée sur un mode virtuel, une première, pour les raisons sanitaires connues de tous.















Si la forme de l’Assemblée est pionnière (pour agéa), son déroulement, par son aspect statutaire oblige, s’avère plus traditionnel. Elle débute ainsi par la présentation du rapport moral, jetant un regard sur les évènements actés par la Fédération depuis juin 2019. C'est-à-dire pêle-mêle la célébration du centenaire d’agéa, la seconde participation au Salon des Entrepreneurs, le premier Hackathon, ses colloques… Sur le plan institutionnel sont abordés tour à tour : l’accord RGPD signé avec la FFA, la signature de cinq accords collectifs - prouvant la vivacité du dialogue social de la branche -, ou l’adhésion d’agéa à la philosophie globale de la réforme des retraites (telle qu'envisagée). Un rapide tour d’horizon, chiffré, sur les activités juridiques, liées à la formation, l’activité RH ou la communication d’agéa, clôt cette première partie statutaire. Non sans mentionner les chiffres de la profession : une augmentation du nombre d’agents de 4,5% entre 2018 et 2019 (11 889 agents généraux au 31 décembre 2019). À cette présentation du rapport moral succède celle des comptes par Jean-Charles Pied, Trésorier de la Fédération. S'en suit la traditionnelle session de votes – approbatives - par les présidents des syndicats de société, de région et de départements assistant au webinaire.














L'actualité professionnelle marquée par la crise sanitaire et économique

Au passé récent succède l‘actualité professionnelle. Commence la présentation et l’analyse de l’enquête réalisée auprès des adhérents (dont 1 730 ont répondu) sur les impacts socio-économiques de la crise du COVID-19 – que nous vous invitons à consulter sur cette page. N’est pas cachée l’inquiétude que peuvent avoir les réseaux d’agents ainsi que leurs mandantes sur l’effondrement à venir du PIB français et européen. « J’espère que les partenaires sociaux vont avoir un esprit de soutien pour ajouter à la crise économique une nouvelle crise sociale terrible pour le pays » ajoute Patrick Evrard, avant de positiver quant aux politiques de relance européenne que s’apprêtent à lancer la Commission et sa Présidente Ursula Van der Leyen.












Au sujet, inévitable, de la perte d’exploitation, la saisie de l’ACPR par agéa au sujet de la gestion de crise effectuée par les banques et même les compagnies est évoqué. D’autant plus que la parution, la veille, des résultats de l’enquête de l’Autorité (que vous trouverez sur cette page) l’ancre alors plus dans l’actualité que jamais. Il ressort de cette enquête le fait que la perte d’exploitation sans dommages n’est pas garantie dans une très large majorité des cas étudiés, donnant ainsi raison à la communication réalisée à ce sujet par la Fédération. À l’ACPR, dans ce rapport, appelant à revoir toutes les clauses contractuelles ambiguës, Patrick Evrard répond positivement tout en rappelant qu’aucun agent général n’a été impliqué dans les affaires de contrats douteux ou de clauses contestables. Un argument de plus pour renforcer la position des agents auprès des compagnies, notamment face aux courtiers aux tendances captives.















Et l'avenir dans tout ça ?

Enfin, place aux travaux du groupe de Travail, initié par Bruno Le Maire pour réfléchir à la mise en place d’un régime adapté aux catastrophes sanitaires (ou exceptionnelles) ! Demandé le gouvernement, ces réunions, auxquelles participe agéa doit tabler sur plusieurs sujets : champs d’intervention du nouveau dispositif, lien de causalité avec un acte administratif, le caractère universel ou non du dispositif (pour tous ou seulement les TPE-PME) et modalités de partage du financement. S’il n’y a pas de consensus en l’état, des majorités se dégagent, et l’occasion est faite de revenir dessus : une liste limitative de périls (pandémie/épidémie pour agéa et les plupart des membres du groupe de travail) et de mesures administratives (une mesure prise par l’autorité suprême, soit le gouvernement). L’assiette des cotisations est plus sujette à débats : agéa plaide sur la mise en place d’un régime qui garantirait l’intégralité des entreprises, sur un modèle d’indemnisation forfaitaire, et un système cumulatif et selon les règles du marché. « Personne ne peut prétendre demain garantir la perte d’exploitation totale du pays ; la seule chose faisable, c’est prévoir une garantie forfaitaire afin de couvrir une partie de celle-ci [10 à 15%], autrement financièrement les cotisations s’avéreraient colossales » explique en ce sens Patrick Evrard.



« Nous avons fait un tour comparatif de la situation de la garantie perte d’exploitation dans le monde : or, on s’aperçoit que dans la plupart des pays, nulle part il n’existait de telle garantie généralisée permettant de garantir une perte d’exploitation sans dommage, et quand elles existent [par exemple en Espagne ou en Australie], personne ne les souscrit » conclut Patrick Evrard quant à ce sujet transverse. Une manière de relativiser les nombreuses critiques essuyées par les assureurs dans l’Hexagone, pour mieux se tourner vers l’avenir. Ce à quoi rajoute Grégoire Dupont, Directeur général d’agéa, « ces affaires liées à la perte d’exploitation auront pour effet pour les entreprises assurantielles la nécessité d’une vertu pédagogique ».



Conclusion de l’Assemblée, pour agéa l’heure est à la relance des projets, dont certains se sont vus gelés par la période de confinement. L’agenda du second semestre pour agéa promet d’être chargé : troisième session du MBA – la deuxième s’est tenue en distanciel ce printemps – et la seconde de l’Executive Certificate ouvriront en septembre. Le dossier avec la FFA pour la mise en œuvre d’un accord SARL est rouvert. Un projet courtage – avec la création d’un outil digital de comparaison des garanties ou la mise en place d’un cabinet de courtage spécialisé sur les risques complexes – va voir le jour. Idem pour le Socle commun des régions, la poursuite et la systématisation des webinaires ou le lancement prochain du projet d’agence, « Trajectoire ». Ce dernier projet fait l’objet d’un second webinaire, le 25 juin, présenté par Pascal Chapelon et Arnaud Guillé, comme une seconde partie de cette assemblée annuelle.
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