Prévention routière : une année 2020 nuancée

13/10/2021 : Association prévention routière a publié son rapport d'activité 2020. L'occasion pour agéa, membre du conseil d'administration de l'association, de partager avec vous quelques chiffres.

Des chiffres en forte baisse

Disons le tout de suite, les chiffre de l'année 2020 sont bons : seules 2 550 personnes ont perdu la vie en France métropolitaine, soit une baisse de 20 % et ce sur l'ensemble du réseau, pour tous les âges et sur tous les modes de déplacement.
De même, le nombre mensuel d'accidents corporels a enregistré une baisse de 19 %.

En Europe, même constat : une mortalité en baisse de 17 %, soit 4 000 vies épargnées par rapport à 2019

Mais ces chiffres sont largement le fruit de l'action des pouvoirs publics pendant la crise de la covid-19.

Un changement durable de nos habitudes ?

En effet, ces bons résultats sont principalement liés à la gestion de la crise sanitaire : confinements, attestations, couvre-feux. Ajoutées à la mise en place massive du télétravail, ces mesures ont entraîné une forte baisse de l'utilisation des véhicules. Et qui dit moins de véhicule, dit une baisse mécanique du nombre d'accidents et de morts sur les routes. Les courbes parlent d'elles-mêmes : l'intensité du trafic a déterminé le nombre d'accidents. Ainsi de près de 4 000 accidents corporels en février nous sommes passés à environ 1 000 en avril avant de remonter en été avec le premier déconfinement et une nouvelle chute en novembre lors du second confinement.

D'autres mesures ont néanmoins eu un impact comme la consolidation du 80 km/h ou la hausse du nombre de zones 30 dans les agglomérations.

Toutes ces nouvelles expériences ont fait réfléchir nombre de français sur leur mobilité. Après le 1er confinement, 58 % envisageaient de modifier durablement leurs habitudes en privilégiant la marche, le vélo ou les transports en commun.
Les années à venir nous diront si tout cela s'est pérennisé. D'autant que certains changements d'habitudes ont un effet boomerang : par exemple, l'augmentation du volume des achats en ligne a diminué le nombre de personnes et de véhicules dans les rues mais a entraîné une hausse du trafic destiné aux livraisons à domicile.

Des actions de sensibilisation difficiles à mener

Si l'association a su s'adapter au contexte sanitaire, un grand nombre d'actions de sensibilisation n'ont pas pu voir le jour. Or, les besoins de prévention sont toujours là (alcool, drogue, ceinture...) et pour toutes les tranches d'âge et seul un suivi régulier et adapté a des chances de découler ses conséquences positives durablement. cela représente un dommage collatéral de la crise qui fait craindre une recrudescence des accidents pour les plus jeunes et les plus âgés dans les années à venir.

Néanmoins, des activités digitales et distancielles ont été développées et des actions ont pu avoir lieu malgré tout : ressources pédagogiques pour les enfants (yloetkimba.fr, mobilipass.fr), serious game, jeu éducatif pour les collèges, campagne d'affichage "Restez focus sur la route"...

Dans tous les cas, les conséquences durables de la crise sanitaire sur la prévention routière seront à observer sur plusieurs années.
Actualités
prévention sécurité routière, prévention sécurité routière