Libre choix du réparateur automobile : position délicate pour les agents ?

09/02/2021 : Si le libre choix du réparateur automobile sert la protection des assurés sinistrés, les assureurs continuent à orienter ces derniers vers leurs réseaux de réparateurs. Or, un nouvel amendement voté au Sénat a pour but de contraindre cette pratique, alors que les coûts de réparation ne cessent d'augmenter.
Un amendement dans le prolongement de la Loi Hamon

La Loi Hamon de 2014 garantit le droit du libre choix du réparateur automobile aux clients sinistrés. Or, ayant fait le constat que la plupart des assureurs, dans une logique de maîtrise des coûts de réparation, continuaient d’orienter les assurés victimes de dommages sur leurs VTM vers les réparateurs agréés, le Sénat a proposé de déposer un nouvel amendement le 7 juillet 2020. Celui-ci vise ainsi la nullité des clauses « par lesquelles l’assureur interdit à l’assuré, en cas de dommage garanti par un contrat d’assurance […] la cession à des tiers des créances d’indemnité d’assurance qu’il détient sur lui ». Une application stricte de cet amendement entrainerait un élargissement du choix de réparateurs non agréés, non sans impact sur les résultats techniques des compagnies.

Une répercussion sur les tarifs ?

Les prix des réparations automobiles pouvant représenter jusqu’à 2/ 3 de la cotisation des assurances auto, la concurrence accrue par l’entrée sur le marché des réparateurs non agréés amènerait les marges des compagnies à s’amenuir. Les poussant de fait à augmenter leurs cotisations cette année (de l'ordre de 3 à 5% selon les dernières estimations). D’autant plus que les prix des réparations ont augmenté de près de 10% entre 2019 et 2020. Une tendance qui se confirme aux vues des chiffres publiés par la SRA (Sécurité et Réparation Automobile) au 4e semestre 2020.






Les agents généraux pris entre deux feux ?

Les agents généraux doivent servir les intérêts de leurs clients tout en appliquant les stratégies de leurs mandantes. S’il était fréquent pour ces dernières d’objectiver les intermédiaires sur un aiguillage des clients vers les réparateurs agréés, ce type d’intéressement (ou prime) risque, avec le nouvel amendement évoqué, de paraître déplacé. En tout état de cause, Il convient pour les agents de présenter à son client dès le départ la possibilité qui lui est faite de choisir lui-même son réparateur auto.

Il ne faut toutefois pas omettre l’intérêt que peuvent avoir les agents à inciter leurs clients à s’orienter vers des réparateurs agréés, du fait qu’ils facilitent la maitrise de la charge sinistre. À charge alors de trouver le bon argument commercial, dans le strict respect de la Loi Hamon.

Enfin, si les compagnies sont incapables de maîtriser à minima les coûts de réparation, c’est aux agents qu’il reviendra d’expliquer à leurs clients la hausse des coûts de leurs contrats ainsi que les potentiels avenants qui lui sont rattachés. 
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Si le libre choix du réparateur automobile sert la protection des assurés sinistrés, les assureurs continuent à orienter ces derniers vers leurs réseaux de réparateurs. Or, un nouvel amendement voté au Sénat a pour but de contraindre cette pratique, alors que les coûts de réparation ne cessent d'augmenter., Si le libre choix du réparateur automobile sert la protection des assurés sinistrés, les assureurs continuent à orienter ces derniers vers leurs réseaux de réparateurs. Or, un nouvel amendement voté au Sénat a pour but de contraindre cette pratique, alors que les coûts de réparation ne cessent d'augmenter.