L'agent général d'assurance au féminin

08/03/2020 : La Journée internationale des droits des femmes apporte l'occasion de s'attarder sur les femmes agents généraux. À partir notamment, de ce que nous apprennent les chiffres ; mais surtout de ce qu'ELLES nous en disent.


Louée par certains, chicanée par d’autres ou simplement ignorée, la Journée internationale des droits des femmes permet chaque année de poser le constat de la place de ces dernières dans les différents milieux socio-professionnels. En ce qui concerne agéa, poser un regard sur la place des femmes comporte toujours un intérêt particulier. Notamment parce que la profession d’agent général est également celle d’un chef d’entreprise et d’un entrepreneur. L’analyse de la place des femmes chez les agents généraux apporte donc une réelle pertinence en ce qu’elle participe, à son échelle, à mesurer leur accès aux postes à responsabilités et marqués par une forte indépendance. Qui plus est au sein d’un secteur assurantiel qui ne connaît pas la crise et à l’avenir certain.

Une féminisation du métier toujours d’actualité…

Que montrent les chiffres ? Au 28 février 2020, la proportion des femmes dans la population des agents s’élève à 17,94%, contre 15,6% l’année précédente. Chez les nouveaux arrivants, la proportion est plus éloquente : 214 femmes ont été nommées au cœur de l’année 2019 – 27,22% des nominations -, soit 41 en plus qu’en 2018. Un bilan qui confirme l’ancrage (très) progressif des femmes dans la profession, qui se dessine depuis plusieurs années. De là à parler de féminisation de la profession, il n’y a qu’un pas, à franchir toutefois avec tempérance.

Rappelons néanmoins que si le terme « collaboratrice » - et non le terme plus neutre et retenu par la Convention collective de « Salarié d’agence » - reste un lapsus tenace, il illustre le fait que les agences constituent toutefois une structure marquée de longue date par la présence féminine : en 2016, près 84% des salariés en agence étaient des femmes (1).

…définitivement consentie dans le secteur…

Les chiffres sont les chiffres, mais qu’en est-il du ressenti ? Nous avons interrogé trois femmes de la « nouvelle garde », issues de la première promotion du MBA Agent Général. Toutes sont unanimes sur un point : bien qu’en minorité, elles n’ont perçu aucune forme de distinguo au cours de leur formation, au sein du MBA comme celles de leurs compagnies. « Les considérations ne sont plus les mêmes qu’il y a 10 ans, les mentalités de travail ont évolué et l’équation hommes-femmes est définitivement entrée dans les mœurs » explique Christine Foulon, agent AXA à Millau au 1er avril. Avant d’ajouter « la femme est à présent perçue comme un partenaire et un entrepreneur de choix ». « S’il peut encore y avoir des réminiscences dans le jargon, le traitement est complètement similaire » affirme Agnès Tachon, agent Gan Assurances à Chambly au 1er avril également. Une évolution sur laquelle peuvent s’appuyer les compagnies, quand elles n’en sont pas à l’origine. « Il y a chez elles un souhait de renouvellement des profils. Cela se traduit par une équité dans les recrutements et par l’âge des candidats. Dans tous les cas l’équilibre est certain concernant l’intégration et la considération entre collègues » expose Lucie Heitmann, agent AXA nommée au 1er janvier à Belfort. Ajoutant à cela la reconnaissance « de versants vus comme mieux abordés les femmes, tels que l’aspect RH, la formation ou le bien-être au travail ».


…et admise sur le terrain

Si les pairs affirment une légitimité, quid des clients et des marchés ? Certaines compagnies semblent convaincues qu’elle y est tout autant acquise : « ma compagnie reconnait le pragmatisme, le sens du management et le goût du challenge entrepreneurial des femmes comme une force dans les agences », témoigne Christine Foulon. Celle-ci a d’ailleurs inscrit dans son projet d’agence, avec ses collaboratrices, l’organisation bimestrielle des « Rencontres pour elles », événements initiées par sa mandante. « Il s’agit de moments d'échanges et de conseils exclusivement féminins, organisés autour de thématiques assurantielles auxquelles elles peuvent être sensibles ». Une manière de promouvoir l’entrepreneuriat au féminin au niveau des agences, à l’image du réseau Ellianz mis en place par femmes agents d’Allianz France. Des initiatives en outre appuyées par le fait que les clients sont également des clientes, particulièrement dans l’assurance des particuliers. Reste que, sans surprendre, l’expertise, parce que tous les nouveaux agents se l’approprient de manière totalement analogue, reste le paravent de l’attention des clients. « Ils se questionnent beaucoup plus sur l’âge et l’expérience que sur le genre » conclue Lucie Heitmann.

Peut-on envisager la parité ?

Cette tendance, comme semblent le démontrer les chiffres, devrait continuer à évoluer modérément. « Les compagnies et les confrères sont favorables » confirme Lucie Heitmann ; un avis partagé par Christine Foulon « les résultats et les performances des femmes agent général confortent cette évolution vers la parité, et les compagnies y trouvent également un bénéfice en termes d'image, de modernité et de notoriété ». Pour autant certains freins demeurent, pouvant indirectement lier genre et information : « La plupart des agents nommés ont souvent déjà baigné dans cet environnement en amont », précise Agnès Tachon pour tenter d’expliquer l’homogénéité encore forte de la population d’agents généraux. « Il demeure un métier encore peu lisible, y compris auprès des divers cursus en assurance, ce qui peut freiner la diversification du métier, même si de plus en plus de personnes peuvent le découvrir plus hasardeusement qu’avant, avec les réseaux sociaux par exemple ». « Le métier n’est pas très connu, d’autant que l’intégrer nécessite une démarche entrepreneuriale extrêmement prenante et un démarrage extrêmement dense que certaines femmes ne peuvent se permettre notamment lors de la formation d’une famille » confirme Lucie Heitmann, dont l’âge, 26 ans, fut une force selon elle pour se consacrer exhaustivement au début de son activité.

Mais plus que de parité, parler d’équilibre, vers lequel tendre, s’avère plus approprié. C’est en tout cas un terme qui résonne lorsqu’Agnès Tachon évoque son association prochaine avec un homme : « Nous avons des approches complémentaires, créant un équilibre de fait bénéfique à l’agence ». Car derrière ce constat de la féminisation - à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des femmes – se joue également le souci de la diversité, des genres bien sûr, mais également des parcours, des milieux sociaux ou des territoires. Et Grégoire Dupont, Directeur Général d’agéa, de conclure : « Nous observons avec mesure et bienveillance la féminisation du métier général d’entreprise. Gardons-nous toutefois des procès d’intentions et travaillons à continuer d’ouvrir les agences à tous les profils souhaitant s’engager pour assurer (et rassurer) les clients et prospects ».

Et comme chaque année, il est toujours opportun d’en rendre compte, même ponctuellement.

Citations

« (1) Une étude en cours doit nous permettre prochainement d’actualiser ces chiffres. »

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Louée par certains, chicanée par d'autres ou simplement ignorée, la Journée internationale des droits des femmes permet chaque année de poser le constat de la place de ces dernières dans les différents milieux socio-professionnels. En ce qui concerne agéa, poser un regard sur la place des femmes comporte toujours un intérêt particulier. , Louée par certains, chicanée par d'autres ou simplement ignorée, la Journée internationale des droits des femmes permet chaque année de poser le constat de la place de ces dernières dans les différents milieux socio-professionnels. En ce qui concerne agéa, poser un regard sur la place des femmes comporte toujours un intérêt particulier.