Agent général : une tendance à la féminisation ?

08/03/2019 : À l'occasion de la Journée internationale des Droits des Femmes, la Fédération dresse un bilan synthétique relatif à la situation des femmes agents généraux, notamment à partir des témoignages conférés par certaines d'entre elles.
Une féminisation perceptible de la profession

Si la profession d’agent générale reste, dans l’imaginaire collectif, essentiellement masculine – nourri parfois d’une vision anachronique sur un métier qui a traversé nombre de décennies -, les chiffres ne peuvent entièrement donner tort à ce dernier : les femmes constituent 15,6% de l’ensemble des agents généraux d’assurance en France. Cependant, le même chiffre s’avère bien moins déséquilibré au regard des nouveaux agents entrant dans la profession : 25,7% de femmes (28,2% en 2017 !). Si ces chiffres ne supposent pas une réelle parité, ils dénotent toutefois, et ce depuis quelques années, une ouverture progressive du métier aux femmes.

Tout en émettant une réserve vis-à-vis d’une « réelle parité », Aurélie Bouchet, agent AXA et Présidente agéa déléguée du département Seine-Maritime, s’accorde quant à un début de féminisation de la profession. « J’explique cette augmentation par plusieurs raisons : une volonté politique, une évolution des mentalités et surtout une complémentarité des expertises et des compétences entre les hommes et les femmes » nous accord-t-elle (1).

Selon les chiffres du Ministère de l’Economie et des Finances  (2), l’indice entrepreneurial en France – c’est-à-dire la part des Français qui sont ou ont été dans une démarche entrepreneuriale – pour les femmes en 2016 était de 27%, et de 28,1 % en 2018 selon l’INSEE (3) illustrant une constante augmentation. La France se plaçait par ailleurs, en 2017, au 6e rang (sur 31 pays) sur l’accessibilité des femmes au parcours de création d’entreprise, selon une étude réalisée par Ruta Aidis (de l’Université George Mason en Virginie). Une évolution et une vocation que nous retrouvons parmi les agents interrogées. « Je souhaitais avoir plus d’autonomie, de liberté, recueillir les fruits de mes réussites, ne plus avoir à demander pour prendre une décision, même anodine » admet Aurélie Lathière (agent Gan), tandis que Valérie Deville de Perière (agent Generali) affirme avoir « toujours voulu être indépendante ». « Embrasser le métier d’agent général, c’est aussi relever de nouveaux défis et sortir de sa zone de confort » résume Camille Cardascia (agent Allianz). Ce sont ces entrepreneures que nous avons interrogées, et ce sont elles qui peuvent le mieux apporter une première analyse.

La Parole aux femmes agents

Les différentes interviews, à retrouver sur notre site et dans notre newsletter spécialement dédiée, mettent donc en exergue une volonté claire de d’exercer une activité de chef d’entreprise : (« J’ai toujours voulu être chef d’entreprise » affirme Nathalie Keskin, agent Allianz), ainsi que le « souhait d’une indépendance financière » (Stéphanie Bernard, agent Allianz).

Les relations humaines et le management, pierres angulaires de la profession
« Je ne perçois mon métier que dans une relation humaine » (Stéphanie Bernard), tel est le credo, systématiquement loué par les agents interrogées, et la raison première de leur engagement : « Une constante demeure : la qualité de la relation, celle du conseil adapté et personnalisé » admet Sandrine Congé, appuyée par Nathalie Keskin pour expliquer sa vocation : « L’agent général est un partenaire de vie de ses clients ». Cette relation avec les clients, et la qualité de celle-ci, Aurélie Lathière les place « en première exigence », notamment à travers ses collaboratrices, pour assurer une meilleure « personnalisation de l’offre de service » (Camille Cardascia).
Le management d’équipes, dont l’absence « est inconcevable aujourd’hui » selon Julia Reiss (agent Allianz), constitue également un véritable leitmotiv. « C’est un vrai plaisir pour moi de manager une équipe qui a mes ambitions et qui m’aide à atteindre mes objectifs », assène Nathalie Keskin.

Les femmes, des agents connectés ?

S’il est tentant de percevoir une corrélation entre rajeunissement et féminisation de la profession, 16% des femmes figurent dans le top 100 des agents connectés réalisé par agéa et L’Assurance en mouvement (4) et trois femmes figurent dans le Top 10 : Anne Petit (agent AXA), Karine Binquet (agent Allianz) et Anne-Véronique Herrewyn (agent Aviva). Ce qui, en somme, représente une proposition similaire à celle de l’effectif global des agents généraux. Cependant, le tournant digital semble avoir été accepté et pris en considération par les femmes interrogées. « L’utilisation du digital est un levier incontournable pour drainer du flux et assurer une communication régulière vis-à-vis du public » (Camille Cardascia), « les nouvelles technologies sont un plus pour communiquer » (Stéphanie Bernard), « le digital n’exclut pas l’humain, mais les rendez-vous de demain se feront grâce au digital » (Nathalie Keskin).

L’accès à la profession ?
Arnaud Guillé, Chef de projet Formation à agéa et co-chargé d’animer les réunions d’information agéa à destination des nouveaux arrivants, remarque en ce sens une réelle parité des candidats au sein de ces dernières. « D’autant plus que certaines compagnies souhaitent promouvoir ce qu’elles nomment ‘l’entrepreneuriat au féminin’. Cette tendance devrait donc, a priori, se consolider », ajoute-t-il (5). Il appartiendrait ainsi aux femmes de saisir leurs chances, ce que confirme Julia Reiss (« Il ne me manquait qu’une opportunité et la CHANCE ! »). Bien que l’insertion dans le métier, notamment d’un point de vue géographique, n’est pas toujours linéaire : « Je dois reconnaître que le démarrage [en milieu rural charentais] a été un peu compliqué pour deux femmes [Sandrine Congé et son associée] issues du siège régionale [AXA] d’une grande ville » (Sandrine Congé).

Le futur ?
« J’ai la conviction que l’assurance, et plus particulièrement le métier d’agent général, sont des métiers d’avenir » confie Camille Cardascia. Le futur du métier est, d’après nos témoignages, perçue de manière positive. Certaines souhaitent améliorer la polyvalence de leurs expertises et de leurs compétences, telles Valérie Deville de Perière qui a passé un diplôme d’Ingénierie patrimoniale du Chef d’entreprise à l’AUREP, d’autres s’engagent dans l’action syndical et la politique de Refondation et/ou de défense du métier, comme Aurélie Bouchet auprès d’agéa pour accompagner les nouveaux agents ou Aurélie Lathiere auprès du Snagan (Syndicat d'agents Gan). Mais demeure une constante : l’idée d’exercer ce métier à long terme tout en participant et en profitant de sa transformation. « Je pense exercer ce métier avec mon associée une quinzaine d’années et je suis certaine d’une chose : j’apprendrai encore chaque jour ! » termine Sandrine Congé. Nous ne pouvions pas mieux conclure.

Citations

« (1) Entretien à retrouver dans la rubrique « Invité(e) » dans la Lettre 451 'agéa & vous'.

(2) https://www.economie.gouv.fr/entreprises/chiffres-cles-femmes-entreprise

(
2) https://www.insee.fr/fr/statistiques/2647224

(
3) Voir la Lettre 449 de novembre, p.6.

(4) Voir l’interview d’Arnaud Guillé et d’Ivana Ivanovic, chargés d’accompagnement des nouveaux candidats au sujet des nouveaux arrivants à paraître dans la lettre 451. »

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À l'occasion de la Journée internationale des Droits des Femmes, la Fédération dresse un bilan synthétique relatif à la situation des femmes agents généraux, métier où la parité a tendance à croître, notamment à partir des témoignages conférés par certaines d'entre elles., À l'occasion de la Journée internationale des Droits des Femmes, la Fédération dresse un bilan synthétique relatif à la situation des femmes agents généraux, métier où la parité a tendance à croître, notamment à partir des témoignages conférés par certaines d'entre elles.