AG 2019 - Acte 3 : Réflexion & Avenir

03/07/2019 : Retour sur la deuxième partie de l'Assemblée générale 2019 d'agéa, le 20 juin, qui a occasionné la tenue de deux tables rondes sur deux sujets d'actualités : l'assurance des nouvelles mobilités et le revitalisation des centres-villes.
Après un regard porté sur le passé, l’heure fut venue de le tourner vers le futur. Au menu de cette deuxième journée, deux tables rondes permettant de s’interroger sur deux sujets prospectifs : l’assurance des nouvelles mobilités d’une part, la revitalisation des centres-villes d’autre part, toutes deux animées par Jérôme Spéroni, juriste mandat et intermédiation d’agéa. 

L'assurance des nouvelles mobilités

Les nouvelles mobilités constituent un sujet de plus en plus prégnant dans les médias, mais également dans les réflexions des acteurs du milieu assurantiel, tels que Arval ou Allianz, qui les a évoquées au cours de l’Allianz Prévention Tour de Juin. Les experts présents, Eloïse Le Goff (Directrice de la communication du FGAO), Bruno Pélissier (Président adjoint d’agéa et agent général Allianz), Stéphane Pénet (Directeur des assurances de biens et de responsabilités à la FFA) et Vincent Segouin (Sénateur de l’Orne LR et agent général Allianz) ont permis de mettre en lumière les points d’attention qui structurent la compréhension des nouvelles mobilités : la réglementation applicable, les risques supportés par les usagers et le tiers, la problématique de l’assurance de ces nouvelles mobilités. Tous se sont mis d’accord sur un point : ces nouvelles mobilités – et notamment les trottinettes électroniques - sont le fruit d’une évolution sociétale, urbaine de prime abord puis générant un écosystème des mobilités plus étendu.

Alors que le marché de l’automobile constitue 40% du chiffre d’affaires des assureurs, ceux-ci s’intéressent à des véhicules dont les aspects sécuritaire et statutaire sont encore balbutiants. En ce sens, Eloïse Le Goff a rappelé que la Loi d’orientation des mobilités, dite loi « LOM », se prononce sur trois versants :
♦ Le statut de ces engins en termes de code de la route
♦ Les règles de conduite autour des EDP (engins de déplacement personnel)
♦ Les équipements obligatoires et la protection des conducteurs.

L’occasion de rappeler qu’un EDP impliqué dans un accident sur la voie publique, au regard de la Loi Badinter de 1985, est responsable en cas d’accident de la circulation. Un décret devrait voir le jour prochainement et définir les règles de conduite ainsi que les équipements idoines. De la même manière que, a rappelé Bruno Pelissier, le vélo fait d’ores et déjà l’objet d’une réglementation (avec deux catégorie de vélo, le vélo à assistance, limité à 25km/h, et le speed bike, limité à 45km/h).

 
Preuve que l’assurance se retrouve à nouveau au cœur d’un grand débat sociétal, le FGAO, selon Eloïse Le Goff , a recensé et pris en charge à ce jour 30 victimes – pour la plupart de trottinettes électroniques -, dont les loueurs, en milieu urbain, ne prévoient pas de Responsabilité civile dans leur contrat de location. Par ailleurs, le fait que 39% des utilisateurs de trottinettes soient des touristes ne facilite pas les choses en termes de couverture. Un débat qui a permis de conclure par avis que les pouvoirs publics doivent travailler avec les assureurs sur ces sujets sociétaux et d’aménagement du territoire. agéa doit ainsi s’associer à ces débats dans l’Hexagone, en lien avec la FFA et les autres instances clefs.

⇒ Sur ce sujet, voir notre article consacré dans le Lettre « agéa & vous » n°453, pp.4-5






La revitalisation des centres-villes :

Après un sujet synonyme de conquête (d’un nouveau marché), le deuxième porta sur une reconquête, celle des centres-villes. Également au cœur des discussions aux lendemains du Grand débat national, le thème occupe aussi l’espace médiatique et préoccupe de plus en plus les pouvoirs publics. Au rang des intervenants : Alain Griset, Président de le l’U2P (Union des entreprises de proximité), Michel Picon, Président de l’UNAPL et agent général Axa, Jean-Charles Pied, Président adjoint d’agéa et agent général Mutuelle de Poitiers, et à nouveau le Sénateur Vincent Segouin.

Un constat pour introduire le débat, sur lequel tous se sont entendus : il existe de véritables difficultés et une réelle désertification des centres des villes moyennes et des bourgs, notamment des commerçants. Selon Michel Picon, trop de mesures éloignent désormais de nombreuses professions des centres-villes, en plus des soucis empiriques (stationnement, accès aux personnes handicapées…). Selon lui, remédier à cette problématique requérait, entre autres, l’accord de dérogations. Alain Griset a, quant à lui, prôné l’arrêt de toute implantation massive de grande distribution à proximité des centres-villes, avant de mentionner un exemple de méthode persuasive, celle de la région Hauts-de-France, dont le Conseil Général compte arrêter de financer les communes arrimant de la grande distribution.


Jean-Charles Pied a évoqué le souci lié aux clivages politiques, conduisant à des changements de stratégie permanents peu en phase avec le moyen et long termes requis par cet objectif de revivification. « Il existe un fossé important entre le temps politique et le temps des évolutions sociétales » a-t-il témoigné avant d’appeler à ce que tous s’engagent en politique – sur le plan local – en esquivant les divergences partisanes. Vincent Segouin s’est accordé sur ce point en prenant l’exemple du changement permanent des règles fiscales au gré des Lois de finances successives (« Nous aurons un travail de pédagogie et de stabilité fiscale à trouver »).

Le Sénateur  a ensuite abordé les ZRR (zones de revitalisation rurale), qu’il convient selon lui de moderniser, notamment à travers la Loi ELAN (Loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique). Celle-ci doit notamment permettre aux collectivités de donner un avis quant à l’implantation de nouveaux projets en matière de grande distribution. Le Sénateur a enfin conclu que cette entreprise de revitalisation passera éen outre, et essentiellement, par un travail extra-commercial d’attractivité, notamment vis-à-vis des jeunes : « Les jeunes aiment nos territoires ; il faut avant tout cesser d’en parler négativement, il faut arrêter l’auto-bashing ». Somme toute, si l’exode rural est terminé selon lui, les solutions, diverses et exigeant une coordination poussée entre acteurs publics et privés, sont à trouver.

Sur ce sujet, voir notre article consacré dans le Lettre « agéa & vous » n°453, p.6


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